Tiraillée entre inflation et économie faiblissante, la Banque du Canada maintient son taux directeur inchangé

10 juin 2026

Jenny Wang


Points à retenir

  • La Banque du Canada a choisi de laisser son taux directeur inchangé en juin.
  • Cette décision survient dans un contexte de hausse de l’inflation et d’amélioration des données sur le marché de l’emploi sur fond d’affaiblissement économique.
  • Notre opinion demeure plus favorable aux actions qu’aux titres à revenu fixe ou aux liquidités. 

À l’issue de sa réunion de politique monétaire de juin, la Banque du Canada (BdC) a annoncé qu’elle maintiendrait son taux directeur à 2,25 %. Cette décision largement anticipée marque la cinquième réunion consécutive où la BdC laisse ses taux inchangés. Pour justifier sa décision, la banque centrale invoque la récession technique de l’économie canadienne (deux trimestres consécutifs de contraction), l’incertitude quant à l’issue des négociations à venir sur l’Accord Canada–États-Unis–Mexique et le conflit au Moyen-Orient, qui entraîne les prix de l’énergie à la hausse, perturbe les chaînes d’approvisionnement et alimente l’inflation.

À l’heure actuelle, nous pensons toujours que la BdC maintiendra ses taux à court terme.

Données économiques tièdes au Canada 

Après une baisse au quatrième trimestre de 2025 (-0,2 %), le produit intérieur brut canadien a de nouveau reculé au premier trimestre de 2026 (-0,1 %) – un résultat digne de mention car inférieur à ce que prévoyait la Banque du Canada en avril. « Les données récentes laissent croire que la croissance va reprendre au deuxième trimestre, mais même avec un certain rebond, l’économie devrait rester en situation d’offre excédentaire », selon la BdC. Les dépenses de consommation ont augmenté, ce qui a compensé la diminution inattendue des dépenses publiques. L’emploi a montré des signes d’amélioration en mai, mais demeure instable d’un mois à l’autre. 

Pic d’inflation : temporaire ou indicatif d’une tendance? 

Sans surprise, l’inflation de l’indice des prix à la consommation (IPC) est montée à 2,8 % en avril, compte tenu de la hausse des prix de l’énergie et de l’effet de base lié aux données touchées par la taxe sur le carbone pour les consommateurs, désormais exclues des données d’inflation sur 12 mois. Cela dit, la BdC « continue de regarder au-delà de l’impact à court terme de la guerre sur l’inflation globale, mais ne laissera pas les prix plus élevés de l’énergie se transformer en inflation persistante ». En effet, selon elle, « il y a peu de signes d’une transmission généralisée des prix plus élevés de l’énergie aux autres prix à la consommation ».

Nous restons fidèles à notre approche de gestion

La répartition stratégique de l’actif des portefeuilles que nous gérons demeure inchangée à l’heure actuelle. Ces portefeuilles sont construits en fonction d’objectifs, d’horizons de placement et d’hypothèses sur les marchés financiers à long terme, et cela n’a essentiellement pas changé.

D’ici à ce que les occasions et les risques apparaissent plus clairement dans un horizon de 12 à 18 mois, nous maintenons notre surpondération des actions par rapport aux titres à revenu fixe et aux liquidités dans les portefeuilles intégrant la répartition tactique de l’actif.

L’environnement actuel confirme l’importance d’une gestion de portefeuille professionnelle et d’une diversification des catégories d’actifs, des régions, des styles de placement et des secteurs de l’industrie. Comme toujours, nous continuerons à suivre l’évolution de la situation, les réactions des décideurs et les ajustements des entreprises, entre autres. Bien que le conflit au Moyen-Orient soit regrettable, les gestionnaires de portefeuille ont l’habitude des tensions géopolitiques et des guerres; nous avons un plan de match bien établi pour surveiller la situation et y réagir en conséquence.

La prochaine annonce de la BdC concernant les taux d’intérêt est prévue le 15 juillet; une mise à jour de notre Rapport sur la politique monétaire sera publiée au même moment. 


Jenny Wang

Jenny Wang, CFA et M.A. en sciences économiques, est gestionnaire de portefeuille au sein de l’équipe Gestion multi-actifs. Elle est membre de la sous-équipe de gestion totale du portefeuille et se consacre surtout aux titres à revenu fixe.