Le Fonds pour un Canada fort : les Canadiens investiront-ils davantage dans la croissance du pays?

Le premier fonds d’investissement souverain au Canada pourra-t-il amener les Canadiens à investir davantage dans l’avenir de leur pays?

Points à retenir

  • Un rapport d’Études économiques Scotia examine comment le Fonds pour un Canada fort, dans sa forme proposée, pourrait offrir aux investisseurs de nouvelles occasions de contribuer à la croissance du pays.
  • Chaque année, les Canadiens investissent plus de 200 milliards de dollars dans des actifs étrangers, ce qui témoigne de l’important potentiel de mobilisation de capitaux au pays.
  • Si le fonds proposé est mis en œuvre, il sera essentiel d’en encadrer l’accès et d’assurer une gouvernance transparente et une saine gestion des risques.

Les ménages canadiens pourraient-ils jouer un plus grand rôle dans le financement de l’avenir économique du Canada?

Un récent rapport d’Études économiques Scotia se penche sur le projet de Fonds pour un Canada fort – qui pourrait devenir le premier fonds d’investissement souverain au pays – et sur les possibilités qu’il offrirait aux investisseurs souhaitant participer à la croissance à long terme du Canada.

Cette proposition s’inscrit dans l’initiative fédérale « Bâtir le Canada », dont l’objectif est d’accélérer les investissements dans des secteurs clés comme les infrastructures, l’énergie, les transports et les ressources naturelles. Au cœur de la proposition figure un volet d’investissement de détail qui offrirait aux ménages canadiens la possibilité de participer, aux côtés d’investisseurs publics et privés, au financement de projets destinés à renforcer la résilience économique et à soutenir la croissance à long terme.

Cette initiative arrive à point nommé, puisque le Canada a d’importants besoins en investissement et qu’une grande partie de l’épargne des ménages quittent le pays; les Canadiens investissent chaque année plus de 200 milliards de dollars dans des actifs étrangers (voir le graphique), principalement sur les marchés américains. La proposition soulève une question fondamentale : est-ce que les investisseurs pourraient tirer avantage d’un meilleur accès à des occasions directement liées au développement économique du Canada tout en maintenant des portefeuilles bien diversifiés?

Un volet destiné aux particuliers pourrait en outre faciliter l’accès à des catégories d’actifs traditionnellement associées aux investisseurs institutionnels, comme les infrastructures et d’autres placements à long terme. Ces catégories ont généralement le profil suivant : flux de trésorerie stables, horizon de placement à long terme et exposition à l’activité économique réelle. Pour les investisseurs et les conseillers, la proposition souligne le rôle que les actifs alternatifs et les investissements productifs aux pays peuvent jouer dans le cadre d’une stratégie de portefeuille à long terme.

Toutefois, l’accès seul ne garantit pas de bons résultats. Toute offre aux particuliers devrait concilier potentiel de croissance, transparence, convenance et gestion efficace des risques.

« Un volet de détail intégré au Fonds pour un Canada fort pourrait être intéressant. Il devrait toutefois offrir aux ménages un accès bien encadré à des actifs productifs canadiens tout en présentant les risques de façon transparente et en maintenant une répartition appropriée, écrit Rebekah Young, vice-présidente, Politique économique à la Banque Scotia. Bien exécuté, ce projet permettrait aux Canadiens de prendre part à la prochaine phase de croissance du pays non seulement comme contribuables, mais aussi comme investisseurs. Mal exécuté, il se résumerait à un produit à haut risque à saveur patriotique. »

Consultez le rapport complet pour en savoir plu.