Suivre le rythme du vieillissement de la population canadienne

Le régime de retraite du Canada peut-il répondre aux besoins d’une population vieillissante?

Points à retenir :

  • Un rapport d’Études économiques de la Banque Scotia examine si le programme de la Sécurité de la vieillesse (SV) demeure adapté à la réalité démographique changeante du Canada.
  • Le vieillissement de la population risque d’accentuer les pressions sur les programmes de retraite, les finances et les services publics au cours des prochaines décennies.
  • Le rapport explore d’éventuelles réformes qui pourraient encourager les Canadiens à épargner plus tôt pour la retraite, tout en leur procurant un soutien accru une fois retraités.

Le Canada est-il prêt à composer avec une population beaucoup plus âgée?

Même si le pays n’a pas encore atteint son pic de vieillissement, les pressions démographiques se font déjà sentir. Près d’un Canadien sur cinq a plus de 65 ans. Cette proportion devrait croître encore longtemps. Or, l’augmentation de l’espérance de vie, la hausse des coûts des soins de santé et la demande croissante de soins à domicile et de soins de longue durée exercent déjà une forte pression sur les systèmes publics.

C’est dans ce contexte qu’un récent rapport d’Études économiques de la Banque Scotia tente de répondre à la question suivante : « Les programmes de retraite du Canada sont-ils toujours adaptés aux réalités d’une société vieillissante? »

Le rapport s’intéresse tout particulièrement à la Sécurité de la vieillesse (SV), l’un des piliers du régime fédéral. La SV procure un revenu à des millions de Canadiens, mais elle a été mise en place lorsque l’espérance de vie était plus courte et le nombre d’aînés, beaucoup moins élevé. Aujourd’hui, ce régime représente une part considérable des transferts fédéraux aux ménages, et ses coûts augmenteront à mesure que la population vieillit (voir Graphique 1).

Plutôt que de relancer le débat sur l’âge d’admissibilité ou le montant des prestations, l’auteure se demande s’il ne vaudrait pas mieux adopter une nouvelle approche pour tenir compte de la longévité croissante de la population. L’une des pistes envisagées consiste à accorder aux Canadiens des crédits d’épargne-retraite plus tôt au cours de leur vie active, dont une partie pourrait ensuite être convertie en revenu viager mutualisé Cette approche pourrait aider les Canadiens à accumuler des avoirs en vue de la retraite tout en les protégeant mieux contre le risque de longévité.

Pour les investisseurs et les conseillers, cette analyse met en lumière les liens entre tendances démographiques, régimes de retraite et planification financière à long terme. Face aux défis que représentent le vieillissement de la population et les contraintes budgétaires pour l’État, la planification de la retraite reposera de plus en plus sur la diversification des sources de revenus, un plan d’épargne et de placement rigoureux et des stratégies de décaissement souples.

Comme l’écrit Rebekah Young, vice-présidente, Politique économique d’Études économiques de la Banque Scotia : « L’allongement de l’espérance de vie pourrait constituer un progrès dans le bien-être, et non un motif d’inquiétude de plus en plus lourd. Débattre cette refonte ne doit pas être l’occasion de raviver de vieux conflits idéologiques. Il faut considérer qu’il s’agit d’une occasion d’offrir aux Canadiens, à toutes les étapes de leur vie, un ancrage financier plus crédible et plus concret à l’ère d’une meilleure espérance de vie – qu’ils jugeront peut-être moins aux urnes que dans leurs propres portefeuilles. »

Pour en savoir plus, consultez le rapport intégral d’Études économiques Scotia.