La montée des tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis cause des remous sur les marchés

Myles Zyblock

24 août 2026


L’échec des négociations entre le Canada et les États-Unis a fait entrer les deux pays dans une guerre commerciale ouverte, quoique toujours ciblée. Après l’achoppement des pourparlers de dernière minute, Washington a imposé des droits de douane de 50 % sur quelque 20 milliards de biens et services canadiens, soit environ 5 % des exportations totales du Canada vers les États-Unis. De nombreux produits de consommation et biens industriels sont touchés, notamment les produits laitiers, le vin, le ciment, les meubles, les vêtements, les produits du bois, les produits agricoles et l’équipement de hockey. Ces nouvelles mesures s’ajoutent aux restrictions déjà en place visant l’acier, l’aluminium, les automobiles et le bois d’œuvre canadiens. Leur importance économique immédiate tient moins à la valeur totale des échanges visés qu’aux perturbations qu’elles risquent d’entraîner dans des chaînes d’approvisionnement qui se sont développées dans un contexte d’échanges prévisibles et largement exempts de droits de douane.

Ottawa a opté pour une réponse proportionnelle. Le premier ministre Mark Carney a indiqué que le Canada répliquerait « dollar pour dollar » aux mesures américaines en imposant des contre-mesures tarifaires qui devraient entrer en vigueur le 8 septembre. Les biens américains visés – acier, produits laitiers, électroménagers, matériel agricole, pâtes et papiers et produits électroniques – ont été choisis tant pour protéger les entreprises canadiennes les plus exposées aux mesures américaines que pour accroître les coûts de producteurs américains ciblés.

Les répercussions pourraient être importantes pour l’économie du Canada, qui est particulièrement dépendante du marché américain pour ses exportations. La Colombie-Britannique, l’Ontario et le Québec, qui regroupent la plus forte concentration de sociétés des secteurs touchés, sont exposés à un risque disproportionné. Les entreprises devront probablement composer avec une baisse des commandes et de leurs marges bénéficiaires, ainsi qu’avec des reports d’investissement, avant que les recettes tirées des droits de douane ne viennent compenser une partie de ces effets. Plus diversifiée, l’économie américaine est beaucoup moins sensible aux tarifs douaniers. Les importateurs américains devront néanmoins absorber une hausse de coûts, tandis que les fournisseurs d’équipement agricole, de produits électroniques, de produits laitiers, de pâtes et papiers et d’acier perdront une partie de leur accès à un important marché voisin. Si certaines entreprises protégées peuvent tirer un avantage temporaire des droits de douane, le résultat global pour l’économie des deux pays est facile à prévoir : des coûts plus élevés, des chaînes d’approvisionnement moins efficaces et une diminution des investissements transfrontaliers.