Avec en toile de fond le conflit géopolitique, les banques centrales nord-américaines maintiennent leurs taux
Richard Schmidt
19 mars 2026
En résumé
- À leur réunion du mois de mars, les deux banques centrales nord-américaines ont décidé de laisser leurs taux d’intérêt inchangés.
- Le conflit au Moyen-Orient exacerbe l’incertitude et a provoqué une flambée des prix de l’énergie.
- Nous maintenons notre opinion globalement plus favorable aux actions qu’aux titres à revenu fixe ou aux liquidités.
Avec le déclenchement des hostilités au Moyen-Orient, il n’est pas étonnant que la Banque du Canada (BdC) et la Réserve fédérale des États-Unis aient toutes les deux décidé de laisser leurs taux d’intérêt inchangés ce mois-ci. Le taux directeur de la BdC demeure donc à 2,25 % et la fourchette cible du taux des fonds fédéraux des États‑Unis reste de 3,5 % à 3,75 %. À cause de la forte augmentation des prix de l’énergie, de la volatilité accrue sur les marchés financiers et de l’augmentation du niveau de risque auquel l’économie mondiale est exposée, ces annonces étaient dans une large mesure attendues.
Croissance économique canadienne probablement inférieure aux prévisions
La Banque du Canada constate que « les conditions financières jusque-là accommodantes se sont quelque peu resserrées ». L’économie canadienne s’est contractée de 0,6 % au quatrième trimestre de 2025, un résultat inférieur aux projections du Rapport sur la politique monétaire (RPM) de janvier. Selon la Banque, « l’économie canadienne progresse modestement pendant qu’elle s’ajuste aux droits de douane américains et à l’incertitude entourant les politiques commerciales, mais les données récentes laissent croire que la croissance à court terme sera plus faible que ce qui était prévu en janvier ». De plus, le marché du travail semble un peu secoué et les gains de 2025 ont été effacés dans les premiers mois de 2026, le chômage ayant augmenté à 6,7 % le mois dernier.
L’inflation de l’indice des prix à la consommation a diminué, passant de 2,3 % en janvier à 1,8 % en février, mais le déclenchement des hostilités au Moyen-Orient provoquera vraisemblablement à court terme une poussée inflationniste alimentée par les prix élevés de l’énergie et d’autres produits de base comme les engrais. Comme l’ampleur et la durée du conflit sont inconnues, son effet sur l’économie mondiale est très incertain.
On comprendra aisément que la BdC n’ait donné aucune indication sur d’éventuelles réductions ou augmentations des taux, et qu’elle ait affirmé sur un ton plus neutre qu’elle se tenait « prête à réagir au besoin ». Dans l’état actuel des choses, nous pensons que la Banque du Canada s’abstiendra à court terme de réduire les taux.
Position attentiste pour la Réserve fédérale
Comme l’indique la Réserve fédérale dans son résumé, « les indicateurs disponibles laissent croire que l’activité économique prend de l’expansion à un rythme soutenu. La création d’emplois demeure cependant faible et le taux de chômage a peu bougé au cours des derniers mois. L’inflation reste plutôt élevée et les perspectives économiques demeurent grandement aléatoires. Les répercussions de la situation au Moyen-Orient sur l’économie américaine sont incertaines. »
Dans le plus récent sommaire des projections économiques de la Réserve fédérale, les prévisions relatives à la croissance et à l’emploi ont peu changé par rapport à l’édition de décembre dernier. Les anticipations inflationnistes sont légèrement plus élevées. On peut en déduire que la Réserve fédérale estime que la hausse des prix de l’énergie ne durera pas et aura globalement peu de répercussions sur l’inflation. Les attentes en ce qui concerne les taux d’intérêt restent aussi inchangées : la Réserve fédérale continue de prévoir une réduction de 0,25 % en 2026 et d’autres réductions en 2027.
Bien qu’elle soit moins importante, la dissension au sein du Federal Open Market Committee persiste. Un des membres avec droit de vote aurait privilégié une réduction de taux de 0,25 % ce mois-ci. Il convient de souligner que le gouverneur de la Réserve fédérale en attente, Kevin Warsh, a voté avec la majorité pour le maintien des taux à leur niveau actuel. Même si nous continuons de croire que deux réductions de 0,25 % demeurent probables en 2026, tout dépendra de l’évolution du conflit au Moyen-Orient et de la tendance que suivront les prix de l’énergie à partir de maintenant.
S’en tenir à notre processus
Malheureusement, en notre qualité de gestionnaires de portefeuilles, nous avons un peu l’habitude des tensions géopolitiques, des guerres et d’autres conflits. En rétrospective, les marchés financiers ont traversé à maintes reprises des situations similaires à celle que nous vivons comme la guerre du Golfe, l’invasion de l’Iraq et différents autres conflits régionaux et ils s’en sont remis. La grande valeur des services de gestion professionnelle et de la diversification des portefeuilles dans de multiples catégories d’actifs, régions, styles et secteurs ressort pleinement dans ces situations. Nous disposons d’un plan de match bien établi qui nous permet de bien surveiller et évaluer la situation, et d’y réagir de la manière appropriée. Notre surveillance vise le conflit comme tel, ses effets sur les politiques publiques, les marchés de l’énergie, les réactions des entreprises, et bien d’autres choses encore.
Nous avons intentionnellement maintenu la répartition stratégique de l’actif dans les portefeuilles de nos clients. Ces portefeuilles sont construits en fonction d’objectifs à long terme, d’horizons temporels prolongés et d’attentes de rendement à long terme sur les marchés financiers, et rien de cela n’a changé.
Notre positionnement tactique, qui se concentre sur les 12 à 18 prochains mois, peut en revanche évoluer à mesure que les risques et les possibilités se précisent. Dans l’état actuel des choses, nous maintenons la surpondération tactique en portefeuille des actions par rapport aux titres à revenu fixe et aux liquidités conformément à notre répartition tactique de l’actif.
La Banque du Canada et la Réserve fédérale annonceront toutes les deux leur prochaine décision sur les taux d’intérêt le 29 avril prochain. L’annonce de la Banque du Canada sera accompagnée de la plus récente édition de son Rapport sur la politique monétaire (RPM).
Richard Schmidt
Richard Schmidt, CFA, est gestionnaire de portefeuille adjoint dans l’équipe Gestion multi-actifs de Gestion mondiale d’actifs Scotia. Il s’occupe principalement de fonds et de mandats d’actions nord-américaines.
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